Mort de Modibo Keïta et de Cabral: la réouverture des plaies de l’histoire

Au moment où la nation cherche à se frayer un chemin dans les décombres et les déchirures de tous ordres subséquents à la crise de 2012, à travers un projet de dialogue politique inclusif qui est loin de faire l’unanimité, un documentaire diffusé… (date)… pourrait bien rouvrir les pages sombres de leur passé récent.
Dans ledit documentaire, l’ancien président le Général Moussa Traoré revient sur la mort de son prédécesseur Modibo Keïta, le père de l’Indépendance et sur celle du leader estudiantin, Abdoul Karim Kamara dit Cabral. Vérité historique ou tentative de justification ? La vérité du Général Moussa Traoré qui raisonne pour certains, pour la première fois, dans un contexte numérique particulier, est loin d’être partagée. Au contraire, elle pourrait susciter polémique et controverses. Comme hier, elle est aujourd’hui perçue par Me Boubacar Karamoko Coulibaly, acteur du Mouvement démocratique, comme une énième provocation et une énième tentative de fuite de responsabilité.
Que dit GMT ?
Quelques extraits du documentaire sur le Général Moussa Traoré sur Activable :
« … Quelle que soit la faute ou l’erreur que Modibo avait commise, j’ai juré de ne pas le juger…
… J’ai demandé à mon ministre de l’Intérieur où se trouvait Modibo?
Il m’avait dit que Modibo était à Kidal.
Je lui ai dit de le faire revenir par le premier vol qui viendra de Kidal…
… le jour où Modibo devrait être libéré, on m’a informé qu’il est mort…
… J’ai levé ma main, j’ai dit Allah, si je suis au courant de la mort de Modibo KEÏTA, ne m’épargnez pas… J’avais demandé à des médecins et à la famille de Modibo de faire une autopsie. Ils m’ont répondu qu’en musulmans, ils ne voudraient pas de cela. Ça aurait été qu’on sache de quoi il était mort…
… La mort de Abdoul Karim Cabral m’a affecté, je ne le connais pas avant qu’on m’ait rapporté sa mort…. on m’a dit qu’il était mort d’épuisement entre la frontière Mali/Niger et je crois en l’officier et il ne mentira pas devant Dieu…
De 1975 à 1991 que ça soit en Europe occidentale ou de l’est, France, Cuba, China, les Maliens étaient les premiers, la légion était malienne à l’école… >>
Le Général Moussa Traoré sur Africable.

Que répond BKC ?
Boubacar Karamoko Coulibaly
Je viens de découvrir avec ahurissement des éléments rapportés à un documentaire sur Moussa Traoré.
Et si lesdits éléments se rapportent réellement à lui, je dirai simplement que c’est bien là la preuve que l’ambition dont-on n’a pas la compétence est vraiment un crime.
Il prétend avoir juré de ne jamais juger le Président Modibo Kéita.
Peut-il le prouver ? L’en a-t-il seulement informé la Nation par adresse officielle ? Si oui, alors où et quand ?
Je suis formel, s’il avait eu cette disposition d’esprit vis-à-vis du Président Modibo Kéita, eh bien, Moussa Traoré ne l’a publiquement jamais exprimé.
Comment peut-on être plus irresponsable que cela et comme lui ?
Dites-moi, comment attendre environ sept (7) longues pour un chef de junte pour s’enquérir du lieu de détention du détenu politique le plus important du Mali de l’époque ? Puisque si mes informations sont bonnes, le Président Modibo Keita a seulement regagné Bamako, en 975 sous la garde du capitaine Soungalo Samaké au camp para de Djicoroni. Et sa mort est survenue en mai 1977.
Question : avait-il sincèrement la volonté de le libérer ? J’en doute très fort, sinon le plus aisé aurait consisté à le libérer en même temps que ses autres camarades qui avaient été élargis cette année-là, au lieu de continuer à le faire garder en prison dans une totale misère morale avec un état de santé fortement dégradé.
Quelle moquerie d’autopsie, voulez-vous que cette Famille très digne dans la douleur, fasse quand vous avez échoué à protéger leur fils qui était votre prisonnier ?
Expliquez-moi un peu, Moussa Traoré, si vous étiez si bien disposé à son égard, à défaut d’avoir pu le libérer, pourquoi ne lui avez-vous pas organisé des funérailles nationales.
Au lieu de quoi, votre régime lâche, inique et fasciste a, même dans la mort, continué de le poursuivre de sa vindicte, en perturbant ses obsèques par la poursuite et les arrestations in situ de toutes les têtes de gondole de l’opposition et même après à partir de l’élément filmé de l’évènement.
Quoi Moussa Traoré, avez-vous oublié les termes par lesquels vous avez informé la Nation malienne ?
«Modibo Kéita, instituteur à la retraite, est décédé ce jour d’un œdème des poumons. «
Instituteur à la retraite, voilà ce qui en plus de sa mort brutale et suspecte puisqu’il avait été vu bien portant peu de temps auparavant par des membres de sa Famille ainsi que par son geôlier en chef, a suscité chez le peuple malien, courroux et révolte populaire vite devenus ferveur populaire autour de ses funérailles.
S’agissant de l’assassinat crapuleux d’ABDOUL KARIM CAMARA sous la torture de vos sbires, je dis honte à vous, encore honte à vous et toujours honte à vous.
Il faut que les plus jeunes sachent que CABRAL n’était même pas du côté d’une prétendue frontière Niger-Mali.
Il faut que vous sachiez que la police politique de ce dictateur avait d’abord fait arrêter la vieille mère de CABRAL qui fut placée en garde à vue dans une cellule du commissariat du 2e arrondissement de police de Bamako. Et dont la libération fut exclusivement conditionnée à ce que la Famille leur rende CABRAL.
Et c’est ainsi que par panique et naïveté, la Famille alla le chercher dans son village d’origine, presqu’à la frontière avec la Guinée.
Et je sais par qui de la Famille et comment.
Moussa Traoré, je peux accepter que vous ayez fait confiance en la parole de l’officier, mais ce que je ne puis accepter, c’est votre passivité et votre indifférence, devant les manifestations qui ont résulté de la mort crapuleuse de Cabral des jours et des jours durant. Nous faisions face à vos bureaux avec un cercueil symbolique déposé à l’endroit même où se dresse le monument de l’indépendance.
Bamako en fut totalement paralysée et le pouvoir dans la rue, et seul le refus de L’UNTM à s’ajouter à la protestation du peuple, vous a évité d’être déposé dès Mars 1980.
Comment devant une telle situation de débordement, n’avez-vous pu nourrir un minimum de doute sur les déclarations dudit officier, dont vous continuez de couvrir le mensonge en taisant son nom.
Tout autre qui vous aurait permis de diligenter d’autres types d’enquêtes pour en savoir plus et mieux sur la réalité d’un tel désastre et confondre ledit officier. Évidemment non, puisque la parole de cet officier pour vous pesait plus lourd que ce que les manifestants dénonçaient à l’époque, à savoir la mort de notre Camarade sous la torture de votre police politique.
Moussa Traoré, vous et vos thuriféraires en serez largement pour vos frais, si vous pensez pouvoir vous blanchir à moindre compte et aussi facilement, de toute responsabilité quelconque, s’agissant des assassinats politiques opérés à vif ou à petit feu, suite aux séquelles de leur emprisonnement dans des conditions dantesques.
Il appartiendra aux membres des familles de vos amis politiques.
En ce qui concerne L’Uneem, dont Cabral n’est ni le premier, ni le seul martyr et les autres patriotes de la lutte clandestine contre votre régime dictatorial et fasciste, jamais, tant qu’il nous restera un souffle de vie, nous ne vous laisserons réécrire l’histoire de vos 23 ans de régime Barbare et Sanglant.
Moussa Traoré, le problème avec vous, c’est que vous n’assumez jamais vos responsabilités.
Oui, Moussa Traoré, quand on est chef, l’on ne peut pas ne pas être auteur ou coupable direct, mais on est forcément et moralement responsable des agissements de ses subordonnés, surtout dans le cas d’un chef d’État, chef suprême de l’armée en pointe dans les cas ci-dessus exposés et dans les événements tragiques de mars 1991.
Vous auriez dit dès l’entame du procès crimes de sang à l’instar de la digne et brave ancienne ministre de la Santé et ancienne Premier ministre de France dans l’affaire du sang contaminé : Responsable en tant qu’autorité de tutelle, mais pas coupable, que ledit procès aurait été vidé de toute substance et par conséquent vite plié.
Au lieu de cela, vous avez louvoyé et cela se poursuit même maintenant, alors que tout ce qui vous est reproché a eu effectivement lieu sous votre calamiteux magistère.
Arrêtez aussi de vous abriter derrière des absents qui ne pourront jamais vous porter la contradiction du fait qu’ils sont morts.
Cela ne vous grandit pas si du reste, si cela a été ou se peut.
Et vous êtes encore à leur sujet, bouffi de haine au point de ne pouvoir prononcer leurs noms.
Pauvre de toi, ko saya bè ko bè ban Mali yôrô bè la fô é Moussa Traoré yôrô.
Nga i ka don ko dan tè dounia là sabali kô.
I yèrè minè Moussa Traoré, i yèrè minè donin sa ani té.
Dommage que le Statut de Rome sur la CPI soit tard venu, vous auriez mérité d’y comparaître.
Au prochain tacle contre vos prochaines sornettes.

Source : aBamako

aBamako

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