Détournement présumé dans l’achat des équipements militaires : Huit questions auxquelles l’opposition exige des réponses

La Maison de la presse a abrité une rencontre entre l’opposition et les hommes de média, au cours de laquelle Soumaïla Cissé et les siens ont dénoncé « des malversations » lors de l’achat des hélicoptères Puma. C’était le mardi 03 septembre 2019.

Le chef de file de l’opposition dira que, « fidèle à mon devoir d’informer l’opinion nationale t internationale sur les questions concernant la gouvernance et l’avenir de notre pays. Le 04 septembre 2013, date à laquelle notre concitoyen, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta prêtait serment pour son premier mandat présidentiel, l’armée malienne et les corps de l’administration étaient déployés et opérationnels sur toute l’étendue du territoire national. Quant à l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers, ils étaient non seulement de retour, mais œuvraient à nos côtés tant en confiance qu’en solidarité pour une relance durable de notre économie. Mais aussi et surtout, le pré-accord de Ouagadougou avait considérablement défriché et clairement balisé le terrain en fixant un calendrier précis pouvant et devant raisonnablement aboutir à une paix et une réconciliation durable dans des délais parfaitement maitrisables. De cette date à aujourd’hui 03 septembre 2019 (soit 6 ans, jour pour jour) en passant par une nouvelle élection en août 2018 dont l’organisation et les procédures s’avéraient plus que contestables et dont le résultat a été massivement et régulièrement contesté, le maître-mot qui rythme et caractérise le régime d’IBK est, sans aucune contestation possible, celui de scandale. Scandales avec un ‘’S’’ majuscule tant ils se sont succédé à fortes doses et à coûts exorbitants. Scandales relatifs à l’achat de l’avion présidentiel, d’équipements militaires, d’engrais frelatés, à la passation de marchés surfacturés, à la construction de logements sociaux et la liste n’est pas exhaustive ! Scandales, en toute impunité, touchant aux domaines sensibles de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de l’aménagement routier parmi d’autres, sur fond de malversations financières, de fraudes fiscales et douanières, l’ensemble impactant gravement le quotidien tant social, économique que civique de nos populations… Les scandales se sont multipliés tragiquement en phase avec les cortèges funèbres consécutifs aux violences meurtrières, mafieuses et terroristes grandissantes au Nord et au Centre du pays pour lequel nos compatriotes, abandonnés par le pouvoir central, ont payé un trop lourd tribut. Ainsi, de 2013 à 2019, l’insécurité galopante et effrénée qui frappe notre pays a occasionné la mort de plus de 4000 civils et militaires, dont plus de 500 pour le seul premier semestre de 2019. C’est tout simplement inacceptable, intolérable ! Chaque fois que nous condamnons ces drames à répétition et à l’occasion de chaque fête de notre armée, nous rappelons, je cite : ‘’que nos forces armées et de sécurité se battent, souvent sans moyens, aux côtés de nos amis et alliés contre les groupes terroristes et djihadistes qui ont investi le Nord et le Centre du pays. Que pour réussir leur mission, nos forces armées et de sécurité doivent être impérativement plus équipées et mieux formées’’. Le Président Ibrahim Boubacar Keïta a encore une fois donné raison à l’opposition en reconnaissant, lors de sa dernière interview dans le journal Jeune Afrique daté du 30 juin 2019, que les deux hélicoptères Puma achetés pour l’armée ‘’sont cloués au sol depuis leur acquisition faute de maintenance’’, tout en clamant et martelant haut et fort à la Une dudit journal que ‘’nous sommes en guerre’’. Le Président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, un très proche pourtant du président, est allé jusqu’à se poser ouvertement, pour ne pas dire naïvement, la question de savoir si notre pays ‘’n’a pas été floué lors de l’achat de ces hélicoptères’’. Pourtant, plus de 7 milliards de francs de CFA ont été décaissés par l’Etat pour cette opération d’achat. C’est pourquoi nous avons saisi l’Assemblée nationale d’une demande formelle à la date du 26 août 2019 afin qu’elle procède à toutes les investigations nécessaires et urgentes pour répondre aux questions suivantes et éventuellement à d’autres :

1- Qui sont les responsables de ces tragédies ?

2- Qui a choisi et commandé les hélicoptères ?

3- Qui a ordonné les achats et à quel coût ?

4- Qui a procédé aux règlements et de quelle manière ?

5- Comment se sont opérées les transactions ?

6- Pourquoi les hélicoptères Puma sont-ils cloués au sol ?

7- Pourquoi les avions super Tucanos livrés n’ont-ils pas les équipements de combat appropriés ?

8- Pourquoi deux avions super Tucanos n’ont-ils jamais été livrés ?

Il appartient désormais à l’Assemblée nationale, après enquête, de renvoyer devant les juridictions compétentes toute personne impliquée dans cette intrastade de scandales. Cela qu’il s’agisse du Président de la République, chef suprême des armées, du Premier ministre, des ministres et leurs éventuels complices civils et militaires en raison de crimes et délit commis dans l’exercice de leurs fonctions à savoir :

– La haute trahison ;

– Le détournement et la complicité de détournement de fonds publics par l’engagement irrégulier des finances publiques ;

– L’utilisation frauduleuse des deniers publics ;

– Le favoritisme, le trafic d’influence et la prévarication ;

– La fabrication de faux et l’usage de faux ;

– L’enrichissement illicite et l’évasion fiscale ;

– La trahison et le mensonge de l’Etat ;

– Les fraudes fiscales et douanières. Plusieurs drames auraient pu être évités et des centaines de vies auraient pu être épargnées et sauvées si notre armée avait été véritablement dotée de moyens aériens adéquats, entre autres équipements d’intervention.

Lamine Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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