Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur le terrorisme à Ouagadougou : Les terroristes frappent fort, mais ne font pas de « fanfaronnade »

Les chefs d’État de l’espace CEDEAO étaient réunis ce week-end à un sommet extraordinaire pour la lutte contre le terrorisme. Des mesures ont été adoptées afin d’arriver à bout de ce phénomène. Tous les apprécient et s’en félicitent.

«Ce sommet n’a pas été encore un autre sommet, un sommet de plus», a souligné le président de la République malienne au sortir de ce sommet extraordinaire de la CEDEAO. Ces propos ne laissent-ils pas planer le doute autour des précédents sommets tenus. Les autres sommets auraient été des « sommets de plus ». Parce que leur tenue n’a rien changé ni sur le plan économique, sécuritaire, de gouvernance, voire de développement des États africains. À ce titre, le doute est également permis autour de ce sommet dont les rideaux sont tombés le samedi 14 septembre 2019 dans la capitale burkinabè.

Contrairement à l’espoir aveugle que porte le chef d’État malien à cette rencontre, elle risque de n’être qu’un « sommet de plus ». Pourquoi ? Nous ne sommes pas sans savoir les raisons qui empêchent le G5 Sahel d’être opérationnel. Il s’agit d’un problème de financement. Or, au sortir de ce sommet pour la lutte contre le terrorisme, les chefs d’État se sont entendus sur le recouvrement de 1 milliard de dollars auprès des États africains sur cinq ans pour soutenir la lutte contre le terrorisme en Afrique. C’est ce que dit IBK à travers ces propos : « La CEDEAO sort de ce sommet avec un engagement ferme de financement à hauteur d’un milliard de dollars destinés à la lutte contre le terrorisme avec effet immédiat ».

À côté de cela, ils demandent le renforcement du G5 Sahel ainsi que de la Force multinationale mixte du bassin du Lac Tchad. Ce n’est pas tout, ils lancent un appel à la communauté internationale, qu’ils tiennent pour responsable de la détérioration de la situation dans le Sahel à travers le déclenchement de la crise libyenne en 2011, afin qu’elle les aide dans cette lutte comme l’attestent ces propos rapportés par RFI : « La communauté internationale ne doit pas détourner le regard du Sahel, estime le nigérien Mahamadou Issoufou. C’est la communauté internationale qui est à la base de la crise libyenne, dont nous subissons les conséquences. Quand cette crise libyenne a été déclenchée en 2011, nous étions contre. Il y a un chaos qui règne en Libye. Les armes qui étaient accumulées en Libye ont été pillées et circulent dans le Sahel et le bassin du Lac Tchad dans les mains des terroristes. » Les Nations Unies ne sont pas non plus épargnées: « La Cédéao exhorte par ailleurs le Conseil de sécurité de l’ONU à rendre le mandat de la Minusma plus offensif. Concernant le Mali d’ailleurs, elle réaffirme « que la région de Kidal est partie intégrante du territoire malien », rapportent nos confrères de la Radio France internationale, RFI.

Quelle bonne nouvelle pour les terroristes ! Ceux-ci ne paniqueront nullement plus parce que déjà ils sont imprégnés de ce qui se prépare contre eux. La guerre est technique. Les stratégies qu’adoptent les uns et les autres doivent rester hors de la portée du camp ennemi. Mais hélas, le populisme aidant, les dirigeants africains sont toujours victimes de « fanfaronnade » politique autour de banquets organisés avec l’argent du contribuable.

Rendons à César ce qui appartient César, dit-on. Lors d’une conférence de presse en 2019 sur la paix dans le Liptako Gourma, le jeune chercheur de l’Institut de recherche sur la sécurité dans le sahel à Bamako, Baba Dakono, avait pourtant souligné ce problème. Les solutions qu’adoptent les autorités africaines sont dépassées par rapport à l’actualité du terrorisme. Cela s’explique juste par ces « fanfaronnades » autour des voies qu’ils sont en train d’entreprendre. Or, le drame est que rien ne filtre du côté des terroristes lorsqu’ils planifient leur coup. Ils préparent tout à la sourdine contrairement à nos dirigeants qui émettent trop de bruits sans pour autant bouger de leur place. Or, nul n’est sans savoir que les terroristes frappent fort sans avoir besoin de faire des fanfaronnades autour de leurs initiatives, même s’il arrive qu’ils le fassent, c’est pour divertir et non communiquer réellement autour de ce qu’ils entendent poser comme acte. Le chat est bon chasseur parce qu’il se déplace sans bruit. Les autorités africaines ont intérêt à revoir leur stratégie.

TOGOLA

Source : Le Pays

Source : aBamako

aBamako

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