Extrémisme violent en milieu jeune: le message de paix des leaders religieux

En vue de prévenir et de lutter contre le radicalisme et l’extrémisme violents en milieu jeune, des leaders religieux musulmans et chrétiens ont élaboré ce 16 septembre 2019 des « Messages consensuels ». L’objectif de message conjoint est d’apporter la contribution des leaders religieux à la prévention du radicalisme par la promotion d’une culture de la Paix fondée sur nos diverses sources et traditions religieuses. Ce message a été élaboré par le comité de suivi du dialogue inter et intra religieux.

Selon les auteurs de ces messages, cette radicalisation se définie comme une déviation des pratiques des Ordonnances de Dieu suite à une mauvaise compréhension des écritures (une interprétation erronée).
Ainsi, les mauvaises interprétations conduisent à endoctriner des hommes et des femmes pour les faire basculer dans la violence verbale et physique.
D’ailleurs, le terrorisme est une des formes les plus brutales de la violence qui bouleverse aujourd’hui notre pays : il sème la haine, la mort, le désir de vengeance el de représailles.
Parmi les conséquences de cette radicalisation, le comité de suivi du dialogue inter et intra religieux souligne des ruptures de liens sociaux avec des conséquences incalculables sur les familles : socle de notre société.
On note aussi des marginalisations et des stigmatisations de certaines populations au risque de les persécuter rien que pour leur appartenance ethnique. Il se caractérise aussi par des replis identitaires allant jusqu’à la légitimation de la violence sur l’autre.
Aujourd’hui, le Mali s’est enlisé dans la violence est devenue une sous-culture avec laquelle beaucoup de personnes semblent s’accommoder. C’est pour cette raison que les confessions religieuses veulent réagir et agir, auprès de la population croyante du Mali.
Selon les auteurs de ce texte, même si les leaders religieux sont aujourd’hui reconnus dans notre pays, comme médiateurs pour la recherche de la paix sociale, il n’en demeure pas moins qu’elles sont indexées et souvent instrumentalisées pour interpréter le radicalisme dans sa dimension terroriste.
C’est fort de ce constat et de cette réalité que les leaders musulmans et chrétiens aient pris cette heureuse initiative de livrer un message commun et consensuel, pour contribuer à la prévention de la radicalisation par la promotion d’une culture de la Paix qui a toujours prévalu, fondée sur nos valeurs, diverses sources et traditions religieuses.
Parmi les preuves incontestables prouvant la reconnaissance de la diversité par l’Islam, les auteurs de ce message conjoint ont souligné la charte de Médine lors de la constitution de l’État islamique et de la naissance de la nouvelle nation après la Hidjra du Prophète de la Mecque à Médine où cohabitent Mouhadjirines (migrants) et Ansars (sympathisants), avec les communautés juives vivants à Médine à l’époque. Au terme de cet accord, toutes ces communautés avaient les mêmes droits et devoirs au même titre que les musulmans. Ainsi, la constitution islamique de Médine stipule que : aux juifs leur religion et aux musulmans leur religion ; ceux qui nous suivent parmi les juifs ont notre soutien ; aux juifs leur allocation et aux musulmans leur allocation ; les deux communautés combattent ensemble ceux qui combattent les habitants de Médine.
En fin, l’Islam est une religion de Paix et le Prophète Mohammed PSL est un Prophète de Paix et de miséricorde. C’est pourquoi Allah dit dans le Saint Coran : nous ne t’avons envoyé que miséricorde pour l’humanité Sourate 21 verset 107.
Aussi, Jésus Christ interprète la Paix à la lumière du double et unique commandement de la charité, qui est la plénitude de la Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. C’est le plus grand et le premier des commandements. Et le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ces deux commandements contiennent toute la Loi et les Prophètes ».
Selon le Comité, la violence est un mensonge, car elle va à l’encontre de la vérité de notre foi, de la vérité de notre humanité. Elle détruit ce qu’elle prétend défendre : la dignité, la vie, la liberté des êtres humains.
Dieu nous a créé différents et cette différence mal vécue provoque le plus souvent des conflits entre les personnes, les familles et parfois les structures et organisations. Tous ces malentendus doivent être gérés dans la non-violence afin que nous puissions vivre dans une société harmonieuse et paisible à travers le dialogue.
Pour le comité, ce qui fait la grandeur de notre pays est que tous les adeptes de différentes religions, musulmans, chrétiens et autres se glorifient d’avoir dépassé cet aspect de clivage religieux puisque tous les chefs religieux appellent à l’unité nationale, à la cohabitation pacifique et au respect réciproque les uns les autres. De ce qui précède, nous
pouvons confirmer que le pardon, la paix et la cohabitation pacifique entre les différentes religions sont une réalité positive.
Tout comportement négatif et contraire aux valeurs religieuses ne reflète pas le visage de l’Islam et ne représente pas aussi les musulmans.
Avant de terminer, le comité a insisté sur l’impératif d’un dialogue constructif. Car, dit-il, dans l’Islam et dans le Christianisme, les fidèles sont exhortés par Dieu à vivre dans l’amour qui est la clef de la Paix.
Aussi, la prière peut apporter la solution la meilleure à ce fléau. Il est aussi nécessaire de penser à une bonne formation de conduites spirituelles pour un bon enseignement des écritures (une bonne interprétation). Ce qui fait
« Pour un musulman et un chrétien, le dialogue est un impératif, il n’est jamais facultatif parce que nous croyons en un Dieu qui est entré en dialogue avec l’humanité comme nous l’enseignent le Coran et la Bible », conclu le comité.
Notons que ce message conjoint est signé par : le Pasteur Caleb SAGARA représentant de l’Église protestante (AGEMPEM) ; Jean Dédier DEMBELE représentant de l’Église catholique ; et Alassane BAH représentant des musulmans (HCIM).

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : aBamako

aBamako

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