Perspectives de positionnement pour 2023 : Des « replis identitaires » de séduction politique ?

Si l’instinct grégaire commande aux humains de se rapprocher selon les affinités, la nécessité de survivre et de se renforcer peut obliger les partis politiques à se restructurer à travers fusions et regroupements. La démocratie malienne semble à cette phase de son évolution politique.

Maliweb.net Le processus de« sélection naturelle », dont Charles Darwin a parlé dans sa théorie (darwinisme) de l’évolution pourrait s’opération sur l’échiquier politique malien. Ce qui doit conduire à la disparition de certains partis et à un système de groupage pour viabilité politique et…salubrité publique !

Avec plus de 200 partis politiques au sein du microcosme national, le Mali connait, après 28 ans de parcours démocratique, une sorte de « replis identitaires » multiples sur la scène politique.

En effet, avec l’expérience peu satisfaisante de la plateforme politique Ensemble pour le Mali (EPM) et du Front pour la sauvegarde de la Démocratie (FSD) nombre de partis politiques sont apparus comme grugés par la dynamique de rassemblement. Car, sur la soixantaine de partis politiques ayant animé l’EPM, à peine une dizaine ont bénéficié de la rétribution politique à laquelle ils aspiraient. Le RPM, l’ADEMA-PASJ, l’UDD, l’UM-RDA ont été quelques-uns de ces partis de la majorité présidentielle qui ont su, un tant soit peu…tirer leur épingle du jeu gouvernemental sous IBK. Idem pour l’opposition, où l’on assiste désormais au désamour entre des alliés d’hier comme l’URD et le PARENA, entre l’URD et le PSP. Et d’autres partis du FSD, qui se cherchent et rêvent un rapproché d’avec le pouvoir. Toutes ces infortunes politiciennes ont remis en cause la dynamique des alliances électoralistes au profit des rapprochements idéologiques ou sur la base d’affinités particulières (personnelles).

Par ailleurs, l’essoufflement (financier)de certains leaders et chefs de partis par rapport aux charges politiques a vite convaincu à réfléchir à des processus de fusion. C’est le cas de réflexions discrètes relatives à des fusions entre des partis ou des pôles politiques comme entre la CODEM et l’APR, entre le RpDM et l’ADP-Maliba, entre le MODEC et YELEMA, , etc. Sans oublier la plateforme ARP (Action républicaine pour le progrès) de Tiéman Hubert Coulibaly…

En effet, en vue de poser les jalons de son ascension vers le pouvoir en 2023, la Convergence pour le développement du Mali (CODEM) le parti dirigé par l’actuel ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, Housseini Amion Guindo, ne cesse de se renforcer à travers divers ralliements et adhésions.

Après des échanges qualifiés de fructueux au siège de la CODEM,à Djélibougou, le 7 septembre dernier entre les hauts responsables de ce parti et ceux de l’Alliance pour la République (APR), dirigée par l’ancien ministre Oumar Ibrahim Touré, les deux formations politiques ont décidé de s’engager dans un processus de fusion. Il commencera par une collaboration étroite à travers une « alliance politique et électorale » avant d’aboutir, à brève échéance, à la création d’un nouveau parti politique. Une commission paritaire est déjà mise en place et a commencé à travailler en vue de concrétiser ce projet politique de haute portée.

Par ailleurs, l’on susurre des tentatives de rapprochement fusionnel d’autres entités politiques et associatives. Ce qui peut conduire à une clarification du jeu politique avec les « socialisants »(partis d’obédience socio-démocrates) regroupés en un ou deux blocs et les libéraux ou pro-libéraux en un autre bloc. Le Mali se retrouverait avec au plus une dizaine de formations politiques. Et le mécanisme de financement public des partis politiques en serait plus efficace.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

 

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Source : Maliweb

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