Discours de la proclamation de l’indépendance du Mali, prononcé par le président Modibo kéita, le jeudi 22 septembre 1960, au lycée technique de Bamako.

« Chers Camarades, A la conférence territoriale du parti, il y a trois semaines, nous nous sommes contentés d’un exposé objectif du déroulement des évènements de Dakar, sans en tirer les conséquences. Nous avons par la suite fait un certain nombre de contacts qui ont projeté plus de lumière sur les origines plus ou moins lointaines des dits évènements. C’est ainsi que j’ai répondu à l’appel du président de la république française, aux invitations du roi du Maroc et du président de la république du Ghana. D’autres parts des missions ont été envoyées à l’extérieur : U.S.A, O.N .U, Allemagne fédérale, pays de l’est, l’Afrique occidentale. Pour mieux suivre le sens de notre action politique pendant ces derniers mois, il est indispensable que nous examinions la situation créée en Afrique depuis le référendum du 22 septembre 1958. Le 22 septembre, les conditions politiques intérieures nous imposèrent un vote favorable à l’entrée dans la communauté. En outre nous avons pensé et pensons que Les chances de résolutions de l’unité sont aléatoires pour les États accédant à l’indépendance, car devenus souverains, ils affirment leur personnalité aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Aussi avions-nous espéré que l’autonomie était pour les États africains la période la plus favorable de leur évolution pour la réalisation de leur unité. Évidemment, cela supposait de la part des dirigeants de ces États, une indépendance totale à l’égard des puissances d’argent et des autorités des anciennes métropoles Par ailleurs, nous avons estimé et estimons encore que c’est dans l’unité que l’Afrique pourra résister à l’emprise des forces impérialistes et renforcer le camp de la paix… Dans un monde de plus en plus tourmenté où la légalité n’apparait qu’à travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s’engager sur le plan politique. Nous demeurons certes fidèles à l’idée de la fédération africaine, nous nous considérons toujours liés par le serment du 17 janvier 1959. Mais pour le succès de notre action en faveur de la fédération, il est indispensable et urgent que la république soudanaise s’affirme sur le plan africain et sur le plan international. C’est la raison pour laquelle nous avons invité à autoriser l’Assemblée législative : 1- A appréhender les compétences transférées par la république soudanaise à la fédération du Mali ; 2- A proclamer comme État indépendant et souverain la république soudanaise, 3- A proclamer que la république soudanaise s’appelle république du Mali, libre de tous engagements et liens politiques vis-à-vis de la France, comme la Haute volta, la Côte d’ivoire, le Niger, le Dahomey… Notification de ces décisions sera faite au gouvernement français, à l’organisation des Nations-Unies et à tous les pays indépendants. Fidèles à notre idéal d’union et de paix, j’insiste sur ce mot, nous sommes décidés à établir des relations amicales avec tous les États du monde, sans exclusive aucune, singulièrement avec ceux d’Afrique qui seront désireux de promouvoir une politique d’union et de progrès, de s’engager résolument dans la lutte pour la libération totale du continent africain et l’établissement d’une paix durable entre les peuples. La République du Mali est née. Le Mali continue. Le mot Mali continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l’idée de la fédération qui, malgré tout, demeure une demande virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche IN CHALLAH. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien. Toutes les Maliennes et tous les Maliens doivent se considérer comme mobilisés pour la construction de la république du Mali, Patrie de tous ceux qui sont fermement attachés à la réalisation de l’indépendance et de l’union africaine ; Toutes les Maliennes, tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays, puisse sortir grandi, rayonnant, de l’épreuve qu’il traverse pour que les africains libres, réellement libres puissent sans possibilité d’ingérence, s’unir pour que s’affirme une grande nation africaine qui marquera de son seau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en voie de développement, s’établisse entre tous les pays du monde » ===================================== Message du Chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaïla Cissé, à l’occasion du 22 septembre 2019 Maliennes, Maliens, Le Dimanche 22 septembre 2019, nous célébrons dans la communion d’esprit, le 59ème anniversaire de l’indépendance de notre pays. C’est une heureuse occasion et un moment privilégié pour adresser à chacune et à chacun d’entre vous, mes vœux les plus chaleureux de bonne fête de l’indépendance. Célébrer notre indépendance, c’est surtout honorer le courage de toutes les filles et de tous les fils de notre pays qui, de par leur sacrifice, ont héroïquement combattu pour notre liberté. Par leur résistance armée ou pacifique ils ont mis fin à l’asservissement de notre peuple, certains au péril de leur vie. En ce jour de fierté nationale et d’engagement patriotique, j’ai une pensée heureuse pour tous les Maliens : ceux de l’intérieur comme ceux de la diaspora qui, tous, œuvrent au quotidien pour assurer leur bonheur et celui du pays. Chers compatriotes, Cette année, et comme depuis plusieurs années déjà, notre fête d’indépendance se déroule dans un contexte grave particulièrement marqué par la violence et l’insécurité. Je m’incline devant la mémoire de toutes les victimes, civiles comme militaires, maliennes et étrangères de cette situation absurde et inacceptable. Le nord et le centre de notre pays vivent des moments de tristesse et de désolation du fait de l’insécurité. La liberté de circuler est entravée par des attaques poussant les populations à vivre dans l’inquiétude et la méfiance. La cohésion entre les populations et le vivre ensemble dans l’harmonie et dans la paix sont dangereusement menacés. Les déplacés de l’intérieur et les réfugiés méritent une attention particulière. Maliennes, Maliens, Notre pays doit retrouver la paix! Notre pays doit recouvrer son intégrité territoriale et assurer le retour des populations déplacées tant celles de l’intérieur que de l’extérieur. Pour cela, je ne cesserai jamais de le rappeler, nos forces de défense et de sécurité doivent être mises en condition pour assurer leur noble et régalienne mission de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations. C’est pourquoi aucune indiscipline ni malversation ne doivent être tolérées dans la gestion des ressources destinées à leur équipement et à leur formation. Je salue les efforts de la communauté internationale qui appuie notre pays en vue du règlement pacifique de cette crise qui hypothèque l’avenir de notre pays. Je tiens, pour ma part, à assumer toute ma responsabilité en tant que Chef de file de l’opposition en alertant vigoureusement l’opinion publique nationale et internationale et les autorités, en dénonçant les pratiques malsaines et en proposant sereinement des solutions adaptées. C’est pourquoi j’ai toujours cru et je continue de croire qu’une sortie de crise passe forcément par un dialogue sincère, global, inclusif, interactif, dynamique et transparent avec l’ensemble des forces vives de la Nation. Je milite pour un élan national de bonne volonté qui, au-delà de toutes les obédiences politiques partisanes doit aboutir à sauver notre pays. Oui, notre pays est plus que jamais menacé dans sa survie même. C’est donc un mouvement de communion, une dynamique de dépassement et de convergence de toutes les initiatives afin de réussir le plus important : retrouver notre honneur, notre fierté et notre dignité, en tant que pays réunifié, en tant qu’Etat fort et harmonieux et en tant que Nation unie et solidaire. Je salue et encourage la combat engagé par la justice contre la corruption et la délinquance financière et l’invite à s’intéresser à tous les scandales qui ont non seulement terni l’image de notre pays au-dedans et au dehors mais aussi et surtout ont spolié le contribuable malien des milliards de nos francs. Aucune personnalité impliquée dans ces scandales ne doit être épargnée. En effet, notre combat commun et légitime doit être celui en faveur de notre pays, celui de son développement durable afin de léguer à nos enfants un Mali viable, crédible et respecté. Nous pouvons et nous devons le mener ! Je renouvelle ici, ma constante foi en l’avenir du Mali et ma grande confiance en chacune et en chacun d’entre vous ! Bonne et Heureuse fête du 22 septembre ! Que Dieu bénisse le Mali ! Je vous remercie Source : aBamako aBamako

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