BOUBACAR KANE, DG de la SOMAGEP : « les frais des branchements sociaux sont à 20 000 F CFA, pas plus, pour avoir le robinet »

Le gouvernement du Mali et ses partenaires techniques et financiers, à travers la SOMAGEP-SA et la SOMAPEP-SA, suite à la mise en service de la première tranche de la station de pompage de Kabala, ont lancé le programme des branchements sociaux, 100 000 au total, à l’attention des populations de la ville de Bamako et environs. Ce programme qui s’étale sur 2 ans, fixe le coût d’un branchement au robinet à 20 000 F CFA, selon le Directeur général de la SOMAGEP-SA, Boubacar Kane. Lisez notre interview.

Arc-en-ciel : Quelles sont les missions assignées à la SOMAGEP-SA ?

Boubacar Kane : La SOMAGEP-S.A. est une société Anonyme d’Etat avec un Conseil d’Administration, créée le 5 août 2010. Son capital est détenu à 100 % par l’Etat malien. Elle a pour mission d’assurer l’exploitation de l’eau potable sur toute l’étendue du territoire national à travers le captage de l’eau brute et son traitement, le pompage et la distribution de l’eau traitée, le contrôle de la qualité, la facturation et le service à la clientèle, la réalisation des branchements, des extensions, des réhabilitations et des renouvellements de réseaux, la maintenance préventive et curative des installations.

Il y a quelques semaines, le Département de l’Energie et de l’Eau, à travers la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP-SA) et la Société malienne du patrimoine de l’eau potable (SOMAPEP-SA), lançait le projet des 100 000 branchements sociaux de Kabala, qu’est-ce que ce projet représente pour la SOMAGEP-SA ?

Ce projet représente pour la SOMAGEP-SA une opportunité majeure pour assurer l’accès à l’eau potable au plus grand nombre des populations de Bamako et environs. En termes d’avantages, on peut citer, dans ses deux premières phases, le renforcement des capacités de production de 288 millions de litres d’eau, la pose de 1 400 km de réseaux de distribution et l’accroissement du nombre d’abonnés avec le programme de 100 000 branchements sociaux. Toutes ces réalisations auront naturellement un impact positif sur le chiffre d’affaires de la Société. Toutefois, cette augmentation du chiffre d’affaires est à relativiser au regard de l’augmentation importante des charges d’exploitation qui seront induites par l’exploitation des nouvelles infrastructures.

Enfin, il convient de souligner que le Projet est en train de résoudre définitivement le problème de déficit d’eau à Bamako et alimentera, en eau potable, plus 1 200 000 personnes.

Qui sont ceux qui peuvent prétendre aux branchements sociaux domiciliaires ?

Le programme des 100 000 branchements sociaux a été initié par le Gouvernement du Mali et les Partenaires Techniques et Financiers pour que les foyers les plus démunis aient accès à l’eau potable à un coût abordable. Ceci étant, compte tenu de l’envergure du programme, c’est pratiquement tous les abonnés potentiels de la ville de Bamako et environs qui sont éligibles. Il suffit qu’ils aient leurs titres de propriété en bonne et due forme (les locataires doivent avoir une autorisation du propriétaire de la maison), que leurs parcelles soient couvertes par le réseau de distribution et que les sites ne soient pas des terrains nus. Pour en bénéficier, il suffit de prendre contact avec l’Agence Commerciale de la SOMAGEP-SA de votre zone. Après examen de l’éligibilité de la demande et le paiement des 20 000 F CFA, les équipes procéderont au branchement du client.

Est-ce à dire que Bamako ne connaitra plus de problèmes d’eau ?

Le Projet structurant de Kabala, initié par les plus hautes autorités, découle de la mise en œuvre du Schéma Directeur d’alimentation en eau potable de la ville jusqu’à l’horizon 2032.

Après les 2 premières tranches dont la 1ère est en service depuis officiellement le 1er juin 2019, les autres seront exécutées à court et moyen terme. Si tout se passe comme prévu, Bamako ne connaitra plus une crise d’eau de façon structurelle. Toutefois, des perturbations ou coupures franches d’eau peuvent se faire sentir en raison de travaux programmés ou des incidents imprévisibles sur les installations.

Qu’en est-il de l’alimentation en eau des régions et des villes de l’intérieur surtout quand on sait que le problème d’eau est aussi récurrent dans ces zones ?

Il est superflu de rappeler que l’alimentation en eau potable dans les Centres de l’Intérieur est une préoccupation majeure pour la SOMAGEP-SA. Grâce au Programme d’Appui Dano-Suédois (PADS), la Société a vu ses capacités de production renforcées dans les villes de Kayes, Kati, Sikasso et Koutiala. Dans ces localités, une campagne de branchements promotionnels a été exécutée avec succès.

A la faveur de l’intégration des Centres de Koro, Bankass, Niono et Dioro, les populations desdites localités ont bénéficié d’un programme de branchements sociaux. Au total, dans les Centres de l’intérieur, 6 979 branchements sociaux ont été réalisés.

Beaucoup de nos concitoyens se plaignent de la qualité de l’eau de la SOMAGEP-SA surtout en cette période de grande pluie. Qu’avez-vous comme réponses pour ces gens qui estiment que « votre eau » ne répond pas aux normes internationales ?

D’entrée de jeu, je rappelle que la mission de la SOMAGEP-SA est d’offrir une eau potable à l’ensemble de la population. La qualité de l’eau du robinet est, pour nous, une préoccupation centrale. En collaboration avec le Gouvernement du Mali, nous avons fixé des critères de qualités très strictes.

A la SOMAGEP-SA, en plus des analyses physico-chimiques, bactériologiques et spécifiques, le contrôle de la qualité est effectué à plusieurs niveaux. Primo, à la source, lors de la production et secundo, sur le réseau, lors de la distribution. Le contrôle est effectué régulièrement et strictement par le Laboratoire Central de la SOMAGEP-SA et par les Laboratoires dans les Centres de production de tous les sites.

Les autorités de tutelle, à travers le laboratoire national de l’Eau, s’assurent aussi de la qualité de l’eau du robinet. Pour finir, nous déclarons, haut et fort, que l’eau de robinet de la SOMAGEP-SA répond aux normes nationales et internationales dont l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Êtes-vous satisfaits du travail abattu ?

La SOMAGEP-SA est venue de loin. Aujourd’hui, son capital s’élève à 2 milliards de F CFA contre 100 millions de F CFA à sa création, en 2010. L’effectif du personnel est passé de 328, en 2011, à 1 500 agents, en 2019, essentiellement constitué de jeunes. C’est pour vous dire que nous avons contribué, dans une large mesure, à la résorption du chômage des jeunes dans notre pays.

Quant au nombre des Centres, il a bondi de 18 à 90 localités à la faveur du Programme Présidentiel d’Urgences Sociales (PPUS). Le chiffre d’affaires de l’entreprise croît d’année en année. Toutes ces réalisations constituent des motifs de satisfaction pour moi et récompensent l’immense travail abattu par tous les collaborateurs non seulement de la SOMAGEP-SA, mais de la SOMAPEP-SA aussi dans la gestion des infrastructures structurantes. Je profite de cette occasion pour remercier le Gouvernement du Mali, les Conseils d’Administration et le personnel des deux sociétés. Chacun, à son niveau, n’a ménagé aucun effort pour que la Société soit là où elle est présentement.

Quelles sont les perspectives ?

La Société est engagée dans de nombreux chantiers. On peut citer le projet de certification ISO 9001 version 2015, le renforcement de son système de management qualité. D’autres défis, non moins importants, portent sur la meilleure exploitation de la nouvelle Station de Pompage d’eau de Kabala pour assurer au plus grand nombre des populations de Bamako et environs de l’eau potable 24H/24 et la gestion des 72 nouveaux centres intégrés dans le périmètre de la concession.

Aussi, il s’agit pour la SOMAGEP-SA de relever, avec brio, le défi du projet des 100 000 branchements sociaux pour consommer la production d’eau de l’usine de Kabala.

Des difficultés ?

La SOMAGEP-SA est surtout confrontée à un problème financier qui est illustré notamment par le déséquilibre entre le coût de la production de l’eau, et le prix moyen de la vente de l’eau. En outre, il faut ajouter le déséquilibre entre l’offre et la demande en eau dans plusieurs localités ainsi que la nécessité de densification des réseaux tertiaires afin de permettre l’accès à l’eau au plus grand nombre.

Un appel à lancer ?

Nous sollicitons davantage l’accompagnement du Gouvernement et les Partenaires Techniques et Financiers, pour nous mettre dans les meilleures conditions d’assurer la continuité du service de l’eau dans le périmètre de la concession.

Par ailleurs, j’invite les abonnés en retard de paiement de leurs factures d’eau à se mettre à jour. C’est à ce prix qu’ils aideront la Société à améliorer la qualité de son service pour les satisfaire davantage.

Pour terminer, j’informe les populations de Bamako et environs que le projet des branchements sociaux, en cours depuis 17 juin 2019, s’étalera sur 2 ans. Quant au coût d’un branchement, 20 000 F CFA, il n’est payable uniquement que dans les guichets des Agences Commerciales de la Société, sans aucun intermédiaire.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

Source: Arc-En-Ciel

Source : aBamako

aBamako

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