Attaque suivie de pillage du camp de la MINUSMA : Une mauvaise manière de vouloir chasser la force Onusienne !

« Matelas, réfrigérateurs, groupes électrogènes, des matériaux de construction… ». Voilà, les images honteuses qui ont fait le tour des réseaux sociaux comme objets emportés du camp de la MINUSMA, le samedi 12 octobre, suite à l’attaque des manifestants, composés essentiellement des enfants de la ville de Mopti. Heureusement, aucune perte en vie humaine n’a été signalée.

« Bien que la sécurité du camp n’ait pas été impactée, ces actes de vandalisme sont totalement inacceptables et indignes » a souligné dans un communiqué, la MINUSMA, juste après l’attaque.

Dans le même communiqué, la MINUSMA indique que les manifestants ont dérobé du matériel logistique et de construction. Pourtant, précise le communiqué, ces manifestations organisées par la plateforme ‘’ Fasso Ko’’, censées être pacifiques, se déroulent depuis quelques jours, ont dégénéré pour aboutir au pillage des conteneurs de stockage de la MINUSMA, situés à l’extérieur du camp.

Toujours dans son rapport sur l‘évènement, la Minusma indique que certains manifestants se sont mis en danger aux alentours de citernes de carburant qui, heureusement, n’ont pas explosé malgré la proximité d’un camion qui a été brûlé.

A ces manifestants et par ricochet à toute la nation malienne, la MINUSMA, explique que la force de l’ONU, qui s’est récemment déployée dans le centre du Mali, en proie aux attaques djihadistes et aux violences intercommunautaires, « surmonte d’importants défis et paie un très lourd tribut au Mali. « La Minusma est la plus coûteuse en vies humaines des opérations actuelles de maintien de la paix de l’ONU, avec quelque 180 morts depuis son déploiement en 2013, dont plus de cent dans des actes hostiles » peut-on lire dans ce communiqué.

Malgré, le fait d’avoir été objet de cette attaque, la MINUSMA ne compte pas plier bagage. Par contre, elle réaffirme son engagement aux côtés des forces de défense et de sécurité maliennes pour améliorer la situation sécuritaire et la protection des populations.

Le gouvernement s’indigne et appel au sens de la retenue

Dans un communiqué rendu publique après l’évènement, le Gouvernement a appelé les manifestants au calme et à la retenue. Aussi, il les a invités à privilégier le dialogue dans les revendications sociales.

Egalement dans son communiqué, le Gouvernement, a souligné, qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violences ni vandalisme. Car estime-t-il, les Maliens doivent étonner le monde, en lui montrant leur capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes.

« Le Gouvernement condamne avec la plus grande énergie ces événements malheureux, présente ses regrets à la MINUSMA et rassure que les investigations seront menées pour arrêter et traduire les auteurs devant les juridictions compétentes » indique le communiqué.

Selon le communiqué du gouvernement, le bilan provisoire fait état d’une cinquantaine de conteneurs remplis de matériels vandalisés, dont neuf incendiés à moitié, deux véhicules MINUSMA incendiés. « Il n’y a pas eu de perte en vie humaine ni de blessé » précise le communiqué.

Par ailleurs, il faut souligner que l’idée, selon laquelle, la Minusma, ne joue aucun rôle dans la résolution de la crise malienne, est fortement répandue dans le milieu juvénile. Une conception, que le gouvernement, tente depuis fort longtemps de combattre, mais sans beaucoup de succès.

Au-delà de ces communiqués d’indignation, le Gouvernorat de la région de Mopti a décrété un couvre-feu.

De nos jours, même si force est de constater que la force onusienne est plus dans les parades sur les axes principaux du pays que le maintien de la paix au Mali, de telles manifestations sont à bannir. Pour vouloir chasser le plutôt que possible la MINUSMA de notre territoire, il sied d’expérimenter d’autres moyens de pression, différents des actes de vandalisme et d’attaques contre les installations de la force onusienne. Une force, souvent prompte à ouvrir le feu sur des civils, comme à Gao.

Par Moïse Keïta

Source : aBamako

aBamako

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