L’inspecteur général de police Yahaya Sangaré: « Etre riche, être milliardaire, ce n’est pas un délit »

L’inspecteur général de police à la retraite, Yahaya Sangaré est sur la sellette. Accusé le plus souvent de spéculateur foncier, de général milliardaire etc., l’ingénieur en informatique de formation a bien voulu répondre à ces accusations à bâton rompu.

Mali Tribune : Certains vous accusent de faire partie des généraux milliardaires au Mali. Quelle est votre appréciation ?

I. G. Y. S. : Je réponds parce que j’ai accepté le principe de l’interview. Ce genre de débat est d’un niveau intellectuel qui ne correspond pas à un niveau de conscience. Beaucoup de gens parlent du milliard sans le connaître. Si on s’assoit pour dire que celui-ci est milliardaire, sans élément d’appréciation ou d’évaluation. C’est grave. Je pense que ceux qui disent de telles choses ont une insuffisance de programme ou qu’ils vivent dans des problèmes. Ils ne savent pas comment s’en sortir, il faut qu’ils se donnent une occupation mentale. Le plus simplement pour eux est de déclarer qu’un tel est milliardaire. Peut-être que je le suis. Je répondrai seulement, Dieu merci de m’avoir fait milliardaire. Je n’en voudrai pas à quelqu’un de l’avoir dit. Mais il se peut que je ne sois pas milliardaire, mais en tant qu’être humain, je souhaite le devenir. Je remercie ceux qui me le souhaitent vivement. Etre riche, être milliardaire, ce n’est pas un délit. J’entends très souvent que je fais partie des milliardaires de la police. Que Dieu le fasse. C’est le moindre mal que je puisse souhaiter à tout un chacun.

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Mali Tribune : Vous êtes accusé de retraits de parcelles d’autrui en usant de votre grade de général de la police. Cela est-il exact ?

Inspecteur général Yahaya Sangaré : J’aurai pu vous répondre simplement par je n’en dis rien du tout. Si de par mon grade, je pouvais disposer des terrains, j’allais m’approprier d’une partie du palais de Koulouba. Pourquoi pas même la place publique située entre l’Assemblée nationale et la grande mosquée de Bamako. Si le grade permet de s’approprie des biens d’autrui, au lieu de s’en prendre aux biens des pauvres gens, il vaut mieux s’attaquer à ceux de la République. J’aurais voulu avoir des cas concrets de terrains de tierces personnes et dont je serai en possession. Cela n’existe pas, mais je ne perds pas mon temps à des inepties de ce genre. J’ai acquis des parcelles en les achetant et de façon officielle. J’ai acquis des titres fonciers dans des conditions les plus licites.

Mali Tribune : Pourtant certains médias de la place vous attaquent sur le sujet sans que vous réagissiez. Pourquoi ?

I. G. Y. S. : Je ne réagis pas à ces attaques de presse pour une raison très simple. Nous sommes au Mali. Si certains ont besoin d’un chatouillement cardiaque, voire de sensationnel, de se faire un peu plaisir en faisant des racontars sur des gens sans recoupement, je ne leur en priverais pas si ça peut faire leur bonheur. La presse est un élément essentiel dans une démocratie, dans un Etat de droit. Mais des écrits, analyses infondés sur n’importe quoi et n’importe qui sans discernement, cela n’est pas l’apanage de la presse. C’est peut être le travail d’un désœuvré ou celui qui cherche son petit pain en salissant d’autres citoyens. Je n’appelle pas cela la presse et je n’y répondrais pas. Même si on me dit pire que ça, je ne répondrais pas parce que j’ai autre chose à faire. Pour ceux qui veulent des informations comme vous, iront toujours à la source. Mais en m’accusant que je suis allé à la lune, je dis simplement que c’est du pipo. Je laisse les gens faire la part des choses avec des informations d’une courte durée de vie sur le net. C’est pourquoi je ne réponds pas à des choses qui ne reflètent pas la réalité, la déontologie de la presse.

Mali Tribune : Vous êtes cité à comparaître devant le tribunal de grande instance de la Commune V le vendredi 8 novembre, pour une affaire foncière. Pourquoi ?

I. G. Y. S. : C’est exact. J’étais assis il y a trois jours, un huissier m’a apporté un papier avec la photo d’une maison que j’aurais construite sur la parcelle de quelqu’un. Et que je suis cité à comparaître le vendredi. J’ai dit à l’huissier que non seulement je n’ai pas de parcelle à l’endroit concerné, la maison dont il fait allusion, je ne la connais pas encore moins l’avoir bâtie. Je ne dispose de rien dans la zone. Alors il y a à se demander si le plaignant ne se trompe pas d’interlocuteur ou s’il jouit de toutes ses facultés mentales. Je n’ai rien à me reprocher sur ces faits. j’ai répondu à l’huissier, que je ne passerai même pas sur la rue du tribunal le vendredi a fortiori y rentrer. Donc je ne me considère pas comme étant convoqué. Si le plaignant le veut bien, qu’il aille prendre la maison qu’il m’accuse d’avoir construit sur son terrain. On m’a même informé qu’un journal en parle. Cela m’a étonné dans la mesure où le journaliste qui m’a téléphoné m’a dit que le monsieur a l’air d’un malade mental. Comment me dire que tu écris sur l’affaire de quelqu’un qui est un malade mental et vouloir que je me comporte comme lui en allant répondre à sa convocation ? Je n’irai nulle part. S’il y a une maison sur sa parcelle qui serait pour moi, qu’il la prenne, c’est un don de Dieu.

Propos recueilli par A. Dicko

Source : aBamako

aBamako

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