JMP: le plan de sécurisation des investissements

Du 12 au 14 de ce mois se tient au CICB la 8e édition des Journées minières et pétrolières (JMP) du Mali, sous le thème ‘’créer un cadre juridique solide du secteur minier en vue de garantir le développement durable et des investissements sûrs’’. Quels en sont les objectifs et le contenu ?

Organisées conjointement par le ministère des Mines et du Pétrole du Mali et AME Trade Ltd, Royaume-Uni, ces JMP réuniront des décideurs, des investisseurs, des experts du secteur, des partenaires de développement et d’autres parties prenantes des secteurs minier et pétrolier du Mali.
La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du Premier ministre, Boubou CISSE qui avait à ses côtés le ministre des Mines et du Pétrole, Madame LELENTA Hawa Baba BAH, le Président de la Chambre des Mines, Abdoulaye PONA, le Commissaire de la CEDEAO.
Les JMP 2019 sont la plate-forme officielle permettant au gouvernement de partager et de discuter de sa vision pour l’avenir des industries nationales des mines et du pétrole avec les principales parties prenantes du pays. Il s’agit d’une plate-forme commerciale cruciale pour les professionnels de l’industrie minière et pétrolière qui se réunissent pour discuter des développements régionaux, découvrir des solutions innovantes et établir des relations commerciales fructueuses.
Les objectifs des JMP
Les objectifs des JMP 2019 sont, entre autres, informer les parties prenantes des réformes visant à faciliter les investissements dans les secteurs miniers et pétroliers, identifier des solutions de financement innovantes qui peuvent s’appliquer aux projets et aux services miniers de grande et de petites envergures, améliorer la qualité et l’accès aux données relatives à l’infrastructure géologique du Mali, etc.
Elles seront axées sur deux pôles.
D’une part, il y a les expositions qui permettront aux participants de présenter leurs produits et services directement aux principaux décideurs du Mali, ainsi que démontrer leur engagement à y faire des affaires. À cet effet, des stands équipés sont disponibles.
D’autre part, des thèmes seront traités : la transformation du potentiel en production en créant un cadre d’investissement minier attractif ; la finance et l’investissement dans le secteur minier malien ; les connaissances géologiques, clés du développement et de la diversification du secteur minier au Mali ; l’or : d’un passé doré à un avenir radieux ? Le développement des infrastructures et des liaisons de transport en tant qu’artères du secteur minier ; le développement d’un mix énergétique durable au Mali ; les contenus locaux et la responsabilité sociale des entreprises au sein du secteur minier du Mali ; la formation de la prochaine génération de professionnels miniers maliens ; la création de liens, l’ajout de valeur et le développement d’une chaîne d’approvisionnement locale au sein du secteur minier du Mali ; le potentiel et les perspectives dans le cadre de la recherche de ressources pétrolières et gazières au Mali ; Études de cas : le Mali, plus qu’une opportunité en or ; l’environnement et le développement durable au sein de l’industrie minière malienne.
Les exposants s’expriment
En parcourant les stands, les sentiments des exposants sont partagés.
Une exposante d’une société, qui se présente comme leader au service de l’industrie et des mines, flagelle l’écosystème des affaires dans notre pays.
« L’environnement est frileux ; heureusement que nous avons encore les sociétés minières », réprimande-t-elle. Elle enfonce le clou : « on a l’impression que plus on est en règle, plus on est taxé ; alors que nous créons quand même de nombreux emplois, contrairement à ceux qui sont dans l’informel qui arrangent tout, pour payer le moins possible à l’État. Il y a une surtaxation qui fait qu’on en arrive à regretter d’être en règle dans ce pays ». L’exposante dénonce par la même occasion une concurrence déloyale qui n’est pas pour favoriser l’essor du secteur formel pourvoyeur d’emplois et de ressources financières de l’État.
Un autre exposant évoluant dans un secteur d’activité similaire lui fait écho en dénonçant un niveau de corruption si élevé dans le pays que l’avenir du secteur industriel est sombre. Or, dit-il, « en combattant la corruption, si chacun payait correctement ses impôts et taxes, nous aurons de meilleures routes, un meilleur système éducatif, un meilleur système de santé, de bons Policiers… Ceux qui trempent dans la corruption ne le savent peut-être pas ; mais ce n’est pas le meilleur service qu’ils rendent à leurs enfants qui hériteront, à ce rythme, d’un pays totalement délabré ». En ce qui est de ses obligations vis-à-vis de l’État, il soutient : « nous n’avons pas le choix ; toute société qui se respecte doit s’acquitter de ses impôts et taxes et nous ne nous soustrairons jamais à cela. Ceci dit, il est indispensable que les autres en fassent autant. D’ailleurs, l’une de nos difficultés, c’est avec les clients qui rechignent à payer la TVA. Est-ce que nous, nous pouvons refuser de la payer à l’État ? »
D’autres exposants par contre se frottent les mains. L’illustration est cette société évoluant dans le domaine des équipements de construction et tenues de chantier dont le représentant soutient : « un bon produit n’a pas besoin de publicité. Dieu merci, jusque-là, tout se passe bien pour nous. Imaginez-vous une mine sans tenue de sécurité ? C’est nous qui les fournissons ».

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

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