Malnutrition: perte de 4,% du PIB national

Le Programme d’appui au Sous-Secteur de l’Irrigation de Proximité (PASSIP) a tenu, le mardi dernier, à l’Hôtel l’Amitié de Bamako, son atelier d’échanges sur le thème : « Agriculture sensible à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) dans le contexte de l’irrigation de proximité (IP) ». La finalité de cette rencontre vise à capitaliser les expériences contre notamment la malnutrition à la base de millier de décès infantiles par an au Mali.

Placée sous le thème : « Agriculture sensible à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) dans le contexte de l’irrigation de proximité (IP) », la cérémonie d’ouverture a été présidée par Issa TRAORE, chef de cabinet au Secrétariat en charge de l’Agriculture du pays. Avec lui, au présidium, les directeurs nationaux du génie rural, du PASSIP ainsi que des partenaires techniques et financiers.
La journée d’échanges a enregistré également la présence des chercheurs, des médecins, des services techniques de l’État et la société civile qui interviennent dans le cadre de la lutte contre l’insécurité alimentaire par la promotion de la nutrition au Mali.
Pays agro-pastoral par excellence, le Mali est curieusement confronté à de nombreux défis de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Les raisons sont multiples. À côté de la mauvaise répartition des denrées alimentaires à certaines zones défavorisées, il y a le problème de la non-valorisation des produits. À cause de ces situations, selon M. TRAORE, le Mali est frappé de plein fouet par l’insécurité alimentaire.
« En septembre 2018, 19,1 % des ménages du pays étaient en insécurité alimentaire, dont 2,6 % en insécurité alimentaire sévère », a-t-il indiqué, tout en soulignant que cette situation n’est pas sans conséquence. Ainsi, s’appuyant sur les résultats de l’étude sur le coût de la faim, pour M. TRAORE, elle fait perdre à notre pays des manques à gagner très importants.
« L’étude montre également que le Mali perd 4,06 % de son produit intérieur brut (PIB) du fait des effets cumulés de la sous-nutrition des enfants en termes de dépenses de santé, de dépenses scolaires et de perte de productivité sur le marché de l’emploi », a-til soutenu. En outre, elle freine le pays d’atteinte des objectifs dans la lutte contre la mortalité infantile. En effet, au cours de cinq années (2009-2013), l’étude a montré que les décès d’enfants liés à la sous-nutrition s’élèvent à 161 065. Ces décès représentent, a-t-il analysé, 34,3 % de tous les cas de mortalité des enfants de moins de cinq ans de cette période.
De même, la malnutrition chronique a également des effets négatifs sur les résultats scolaires des enfants par l’accroissement des risques de redoublement et d’abandon et plus tard, sur les capacités productives lorsque ces enfants atteignent l’âge de travailler, a ajouté Issa TRAORE.
Conscient des impacts négatifs de ces réalités, l’UE, le Canada et l’Allemagne cofinancent le Programme d’Appui au Sous-Secteur de l’Irrigation de Proximité (PASSIP) à coût de plusieurs milliards de FCFA pour en venir en appui à l’État malien, a rappelé de son côté le Directeur de PASSIP, Daniel Siméon KELEMA.
« Le droit à l’alimentation est une obligation qui incombe à chaque État et gouvernement. C’est dans cette optique que le gouvernement allemand pense qu’un monde sans faim est possible. C’est pourquoi il s’est résolu chaque année à investir 1,7 milliard d’euros soit 982 milliards de FCFA pour contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire ainsi qu’à l’épanouissement harmonieux et durable du secteur agricole », a expliqué M. KELEMA, avant de signaler quelques réalisations du PASSIP.
La cérémonie d’ouverture a été suivie de la visite des stands où étaient exposés des résultats des travaux des acteurs et partenaires de la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali.

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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