Rentabilité du coton: les réponses des acteurs

Le Mémorial Modibo KEITA a abrité hier le 3e numéro de l’Emission ‘’Au cœur de l’économie’’, une co-production de l’ORTM et de Spirit sur le thème ‘’filière coton’’. Aux défis relatifs à la production, la transformation et la commercialisation du coton, les acteurs de la filière apportent leurs solutions.

Sur le plateau étaient présents: le PDG de la CMDT, Baba BERTHE ; le PCA des Grands Moulins du Mali, Gérard ACHKAR ; le DG de BATEXCI, Alioune Badra DIAWARA ; le Secrétaire général adjoint de la Confédération des cotonculteurs, Kefa DIARRA ; Siriman SACKO, expert de l’APCAM.
Le ministre de l’Agriculture, Moulaye Ahmed BOUBACAR, a honoré de sa présence l’événement qui a enregistré la présence de plusieurs acteurs concernés par la question du coton.
Représentant 15% du PIB, le coton est le premier produit d’exportation du Mali et fait vivre près de 4 millions de personnes au plan national.
Nonobstant son caractère stratégique pour l’économie du pays, avec environ 295 milliards de francs CFA au titre des recettes d’exportation, une volonté politique affirmée à travers l’acquisition de matériels agricoles, la subvention des intrants agricoles, le coton malien continue de traîner un boulet, en termes de production, de transformation et de commercialisation.
Si pour la commercialisation le pays est tributaire des cours mondiaux, et que la production est fortement dépendante des aléas climatiques (installation tardive des pluies, mauvaise répartition des pluies, inondations par endroits) ; il en est tout autrement de la transformation nationale qui atteint à peine les 3%.
Pour Gérard ACHKAR, la solution à ce problème récurrent réside dans la protection douanière, fiscale et économique de l’État.
Le Directeur général de BATEXCI, pointe du doigt : l’argent qui est cher au Mali ; l’instabilité chronique de l’électricité ; l’indisponibilité ou la faible qualification de la main-d’œuvre. Pour lui, le faible taux de transformation pour un pays qui a un si énorme potentiel est lamentable.
Sirimian SACKO abonde dans le même sens que les autres intervenants, en prônant une volonté politique forte de l’État qui se traduit en termes de facilité d’accès aux prêts bancaires qui représente l’un des goulots d’étranglement de l’industrialisation du pays.
Pour ce qui est de la production, il a réchauffé le projet d’irrigation pour une maîtrise de l’eau qui en est un des éléments déterminants.
Le PDG de la CMDT a révélé que l’objectif de production pour la campagne 2017-2018 n’a pas été atteint en raison d’impondérables : pluies tardives, mauvaise répartition.
Par contre, assure-t-il, tout le coton produit a été enlevé, égrené et les paysans ont été payés, le kilo ayant été payé à 255 FCFA plus 10 FCFA/kg en ristournes. Ce qui représente une augmentation du prix d’achat du coton graine aux producteurs
Pour la campagne 2019-2020, il sera ajouté 20 FCFA aux 255 FCFA auxquels s’ajouteront les 10 FCFA au titre des ristournes.
Par ailleurs, PDG de la CMDT a tenu à apporter son éclairage sur le rang du Mali qui a été donné 1er producteur africain par une agence américaine, laquelle continue de maintenir son classement dans des documents. Ce, alors que pour d’autres, le Mali a été surclassé par le Bénin. Pour M. BERTHE, il s’agit d’une vaine polémique, le plus important étant les objectifs qu’on s’assigne et les moyens qu’on se donne pour les atteindre.
La question de la mise en place à temps des intrants agricoles est une question d’importance majeure à laquelle il a tenté d’apporter une réponse schématique. Si Sikasso élève sa production à 103%, alors que Koutiala est à 97%, cela fausse les prévisions dans la mesure où il va falloir trouver les intrants nécessaires pour couvrir les 3% supplémentaires qui n’étaient pas dans les prévisions. Dans ces conditions, précise M. BERTHE, il n’y a pas d’obligation d’appel d’offres. Le retard se posera donc uniquement par rapport à la demande concernant la production non prévue. Ce que l’expert SACKO explique par l’ambition des producteurs galvanisés par les prix d’achat alléchants (qui sont fixés avant même le démarrage de la campagne cotonnière, en avril).
Pour autant, persiste et signe Kéfa DIARRA, secrétaire général adjoint de la Confédération des cotonculteurs : l’idéal pour tout paysan est d’avoir les intrants dont il aura besoin en temps voulu.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here