Gouvernance IBK : Pourquoi l’opposition est réduite au silence ?

Depuis la signature de l’accord politique de gouvernance et la tenue du dialogue national inclusif, l’opposition malienne peine à être audible.

Maliweb.net -Tant sur le terrain politique que dans les médias, l’opposition malienne semble assoupie. Lassitude ou stratégie de confinement et de marginalisation usée par le pouvoir ? Il semble que les deux méthodes en sont pour quelque chose dans la phase de silence actuelle des opposants à IBK.

En effet, si l’opposition malienne,pendant un temps,a été des plus virulentes face au président IBK, le chef de l’Etat et son Premier ministre Dr Boubou Cissé ont fini par trouver, à travers l’accord politique de gouvernance et le dialogue national inclusif, une occasion rêvée pour la faire taire. Ou pour la confiner dans un rôle congru de sa présence inoffensive. Ce qui fait que le chef de file de cette opposition, Soumaïla Cissé peine aujourd’hui à donner de la voix.

D’abord, la signature de l’accord politique de gouvernance du 2 mai 2019 a permis au pouvoir de « débaucher »Tiébilé Dramé, le président du PARENA, dont la voix portait plus que  de tout autre leader au sein de cette opposition. En le bombardant ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, IBK s’est trouvé un nouveau fidèle allié, qui n’hésitera pas à torpiller les velléités oratoires critiques de ses amis restés à l’opposition. Il dira d’ailleurs récemment que « le pays avance au moment où certains ne s’en rendent pas compte ».

En clair, orpheline du bélier en chef du PARENA, l’opposition pro Soumaïla Cissé s’est véritablement affaiblie. Puisque le leader du PARENA était le leader qui était le plus outillé pour dénoncer les tares du régime. N’a-t-il été pas à la base des révélations de divers scandales de 2014 à 2017 ?

En outre, le contexte sécuritaire et de guerre que traverse le pays a donné un zèle malsain aux tenants du pouvoir pour peindre en traitres et d’apatrides (hassidis) tous les acteurs politiques qui s’investissaient dans la critique et la dénonciation de certaines de ses actions.. C’est pourquoi IBK a embouché la trompette de la « main tendue » et de l’union sacrée autour de l’essentiel » pour donner l’image de renégats ou d’aigris politiques à tous ceux qui refuseraient de s’allier à lui. Conséquence : le discours d’opposant finit par perdre sa portée et sombre dans du déjà entendue. Toute chose qui crée une certaine lassitude au sein de l’opinion. C’est ce qui a fait que malgré les déceptions de la gouvernance IBK, le chef de l’Etat candidat a pu, tant bien que mal, remporter l’élection présidentielle 2018.

Et les contestations de ces résultats donnaient tout l’air de manifestations pour freiner la sortie du pays de la crise. Alors que pour le Malien lambda, malgré les insuffisances et lacune du processus électoral, il fallait sauver la paix sociale et la marche du pays vers une certaine union nationale contre l’ennemi commun, les terroristes et leurs alliés extérieurs. Cette situation a longuement désavantagé le chef de file de l’opposition, qui a fini par avoir une image de « mauvais perdant ».

Par ailleurs, en boycottant le dialogue national inclusif que le pouvoir a fini par initier, les principaux opposante sont plus ou moins marginalisés. Surtout que les ex-rebelles ou mouvements signataires de l’Accord pour la paix ont profité de ces assises pour se rapprocher du pouvoir. Il s’ensuit que Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Oumar Mariko et d’autres se sont quasiment mis en retrait d’une certaine République du consensus qui se dessinait. Ce qui a été corroboré par le retour en force de l’ancien président ATT suivi de sa désignation aux côtés de l’ex-président intérimaire Pr Dioncounda Traoré pour pacifier le centre du pays. Ces éléments ont renforcé une forme d’auto-exclusion de l’opposition. Ce qui a aidé à son effacement. Il ne lui reste que les prochaines élections législatives pour, le cas échéant, reconquérir son allant et peut-être son retour en force dans la perspective de l’élection présidentielle 2023. Pourrait-elle réaliser un bon score électoral ? L’avenir nous le dira.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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