3,6 millions de dollars pour faciliter l’exportation des amandes et des produits à valeur ajoutée du karité

Elle stimulera une croissance favorable aux pauvres en augmentant la demande de produits à valeur ajoutée du karité, en aidant les petites entreprises du Bénin, du Burkina Faso, du Mali et du Togo à accéder aux marchés internationaux, et en améliorant les revenus liés au commerce pour les femmes qui collectent et transforment les produits du karité.

L’Alliance Globale du Karité (AGK), en partenariat avec le Cadre Intégré Renforcé, (CIR) a lancé un programme régional d’appui au développement commercial inclusif de la filière karité (PRADCIFK). Le projet vise à augmenter le commerce du karité de 28 880 tonnes par an, fournir une infrastructure de production et renforcer les capacités de 30 660 femmes ramasseuses et transformatrices de karité dans les quatre pays, soutenir la préparation à l’exportation de 2 180 PMEs, améliorer l’engagement commercial entre l’Afrique et l’Asie par le biais de plateformes de marché en ligne, de conférences, des salons professionnels ainsi que d’initiatives politiques. Il sera mis en œuvre en étroite coordination avec les unités du CIR dans les quatre pays ciblés.
Cette noix peut rapporter gros, si des investissements conséquents sont mis en place pour passer à la transformation industrielle. Surtout que les industriels chocolatiers envisagent l’adjonction du beurre de karité dans la fabrication du chocolat.

Au Mali, environ 78% des femmes travaillent dans le secteur rural et apparaissent ainsi comme des actrices de premier plan dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Depuis la nuit des temps et aussi vieux que le karité existe sur la terre, les femmes en milieu rural ont toujours été au cœur de l’extraction du beurre dans les villages, campagnes et hameaux. Parallèlement aux activités agricoles, et en amont de l’extraction du beurre, les femmes sont impliquées dans le ramassage des noix de karité. Cette activité est aussi laborieuse, car nécessitant de nombreux déplacements aux pieds des arbres avec des mouvements répétitifs dorsaux pour ramasser les noix. Après, suivra l’étape de la transformation artisanale qui est aussi harassante que fatigante pour produire du beurre de karité. La vente de ce produit fini est une source de revenus pour les femmes qui contribuent aux charges du ménage.

En effet, la filière karité a été identifiée comme une des filières porteuses d’emplois et de revenus.
Cependant, le processus est très long et fatiguant pour obtenir le beurre de karité de bonne qualité. Beaucoup de femmes s’adonnent dans les zones rurales à la fabrication du beurre de karité pour aider leurs maris dans les périodes de soudure. L’activité de production du beurre de karité ne peut pas se faire individuellement. Pour cela, les femmes se regroupent en coopératives, groupements et associations afin de rendre le travail plus facile et rapide, car le processus est un travail d’endurance. La vente de ce produit procure ainsi une source de revenus non négligeable aux femmes rurales. Ces revenus contribuent à améliorer leur statut social et leur indépendance économique au quotidien.

En ce qui concerne les noix de karité, notre pays représente à lui seul 23 % de la production mondiale. Ce qui fait du Mali, le deuxième plus gros producteur mondial de karité après le Nigeria. Selon le document de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture qui s’est tenu en mai 2019, notre pays dispose d’un potentiel de 250.000 tonnes d’amande, dont seulement 53.000 tonnes sont exportées. Le rendement pour la production de beurre se situe entre 35 et 40% du produit brut. Pour la campagne 2020-2021, les objectifs de productions sont respectivement de 206.090 tonnes et 216.394 tonnes. Les principaux produits de la filière karité qui font l’objet d’exploitation et de commercialisation sont l’amande et le beurre dont la vente attendue pourra générer environ 39,25 milliards de Fcfa en raison de 200 Fcfa/kg d’amandes.

Des tentatives d’industrialiser cette production ont été mises en vigueur, mais, elles n’ont duré que le temps d’un feu de paille. Le département en charge du Commerce et de l’Industrie gagnerait à mieux carburer dans le sens de la production industrielle qui placerait notre pays dans la catégorie des gros producteurs et vendeurs de beurre de karité dans le monde. Les industriels chocolatiers avaient envisagé la possible adjonction du beurre de karité dans la fabrication du chocolat. Ceci est une opportunité qui pourrait s’avérer une manne intarissable, et les autorités pourraient s’en saisir et monter une campagne de plaidoyer pour la préservation du karité d’une part et la promotion du beurre auprès des industries chocolatières d’autre part.

L’Alliance Globale du Karité (AGK) est une association industrielle à but non lucratif qui compte 500 membres de 35 pays, dont des groupements de femmes, des marques et des détaillants, des fournisseurs d’ingrédients et des ONGs. Par le biais de partenariats public-privé, l’AGK promeut la durabilité de l’industrie, les pratiques et les normes de qualité, et la demande de karité dans les aliments et les cosmétiques.

Quant au Cadre Intégré Renforcé (CIR) c’est le seul partenariat multilatéral qui se consacre exclusivement à aider les pays les moins avancés (PMA) à utiliser le commerce comme un moteur de croissance, de développement durable et de réduction de la pauvreté. Le partenariat du CIR, qui regroupe 51 pays, 24 donateurs et 8 organismes partenaires, travaille en étroite collaboration avec les gouvernements, les organisations de développement, la société civile et les milieux universitaires. Ensemble, nous tirons parti de notre savoir-faire collectif, de notre portée et de notre réputation pour nous attaquer aux problèmes les plus urgents du monde en matière de commerce au service du développement.

Mahamadou YATTARA

Source : aBamako

aBamako

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