Elections Législatives 2020: La candidature de Bakary Togola validée malgré ses ennuis judiciaires

La présidente de la Cour constitutionnelle du Mali, Mme Manassa Danioko a proclamé hier (mardi 25 février 2020) la liste provisoire des candidatures validées pour les élections législatives prévues les 29 mars 2020 (premier tour) et 19 avril (second tour là où c’est nécessaire). Ainsi, sur 560 listes déposées, 545 ont été validées. Parmi celles-ci, des personnalités arrêtées pour corruption ou enrichissement illicite, ou citées dans des scandales financiers pouvant connaître une suite judiciaire dans les mois à venir. C’est le cas, entre autres, de l’ex-président de l’APCAM, Bakary Togola, et de l’actuel ministre de l’Intégration africaine, Me Baber Gabo.

Selon le résultat proclamé, sur 147 sièges à pourvoir à l’hémicycle, la Cour constitutionnelle a reçu 560 listes faisant un total de 1 447 candidatures. Après analyse des différentes listes, elle a validé 545 listes, soit 15 invalidées.

Rappelons que parmi les candidatures retenues, les observateurs ont remarqué celles de plusieurs caciques de la classe politique malienne. Il s’agit, entre autres, de celles de l’ancien Premier ministre Moussa Mara ; le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé ; l’ancien candidat malheureux à la présidentielle de juillet 2018, Aliou Boubacar Diallo ; l’ex-président de l’Assemblée permanente des chambres d’Agriculture du Mali (APCAM) Bakary Togola qui est pourtant en détention suite à un scandale financier, ; le Secrétaire général du RPM et ministre de l’Intégration africaine, Me Baber Gano ; le fils du président de la République, Karim Kéita…

A noter que Bakary Togola (il a été investi sur la même liste RPM que Zoumana Ntji Doumbia à Bougouni) est en détention préventive depuis le 13 septembre dans le cadre d’une enquête portant sur le détournement de près de 10 milliards de francs CFA. Il est ainsi reproché à ce «paysan modèle», devenu incontournable dans le secteur du coton malien, d’être au centre d’un système de corruption dont les ramifications pourraient s’étendre au monde politique.

Quant au Secrétaire général du RPM et ministre de l’Intégration africaine, Me Baber Gano, son cabinet est fréquemment cité dans un scandale financier au niveau de l’Office du Niger dont il est le conseil juridique. Il lui est notamment reproché d’avoir perçu la somme de 400 millions de F CFA, en 2017, soit deux ans après avoir paraphé son contrat. Le motif évoqué est qu’il a aidé l’Office à régler à l’amiable, un contentieux relatif à l’apurement d’impayés d’impôts de 3,5 milliards de F CFA et de cotisations INPS d’un peu plus de 379 millions de F CFA.

Elles sont d’ailleurs nombreuses les personnalités en «taule-position» à s’aligner dans le starting-block des législatives dans l’espoir de se faire élire à tout prix pour alors bénéficier d’une immunité parlementaire difficile à lever, surtout si on est de la majorité présidentielle M. Togola et Me Gano. Si la présomption d’innocence plaide pour leur candidature, des juristes rappellent que si elles sont élues, c’est un autre problème, car, elles pourront alors échapper à la justice jusqu’à ce que leur immunité parlementaire soit levée.

Il faut également préciser que les candidatures des partis politiques dominent. Elles sont suivies de celles de certains responsables de la société civile et des personnalités qui jouissent d’une certaine popularité ainsi que celles de quelques confrères.

Il faut rappeler que les réclamations éventuelles dirigées contre les candidatures retenues doivent être déférées à la Cour constitutionnelle dans les vingt-quatre (24) heures qui suivent la proclamation d’hier.

Moussa Bolly

Le nombre de candidats aux législatives de mars et avril 2020 dans huit régions et le district :

Bamako : 332 candidats dont 228 hommes et 104 femmes pour 14 sièges.

Sikasso: 238 candidats dont 72 femmes et 166 hommes pour 25 sièges.

Ségou: 205 candidats dont 68 femmes, 137 hommes pour 25 sièges.

Mopti: 202 candidats dont 60 femmes, 142 hommes pour 20 sièges.

Koulikoro: 179 candidats dont 58 femmes et 121 hommes pour 23 sièges.

Kayes: 166 candidats dont 47 femmes et 119 hommes pour 21 sièges.

Tombouctou: 58 candidats pour 7 sièges.

Gao : 53 Candidats 8 sièges.

Kidal : 14 candidats pour 4 sièges.

Source : aBamako

aBamako

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