IBK : « si nous avons pu vaincre Ebola, on peut vaincre le coronavirus »

Dans cette interview qu’il nous accordée, samedi dernier, en fin d’après-midi, dans son bureau ovale du Palais de Koulouba, le président de la République invite les Maliens à l’union pour vaincre la pandémie à coronavirus. Entretien.

Mr le président, lors de l’ouverture de la session extraordinaire du Conseil de défense, tenu mardi 17 mars, au Palais présidentiel, vous avez déclaré : « chacun a un rôle à jouer, une responsabilité à assumer » …

Il fallait que je secoue, un peu, le cocotier. Car, cette pandémie à coronavirus a une force de pénétration sans précédent. Près de 162 pays sont touchés, dont 30 en Afrique. Les frontières sont fermées. L’économie mondiale est à genou. Partout, c’est l’angoisse. Mais par la grâce d’Allah, le Mali est l’un des rares pays à être épargné par cette pandémie. C’est une exception heureuse, là où la contamination est la règle.

Pourquoi le Mali est l’un des rares pays à être épargné par cette pandémie ?

Le Mali est une exception heureuse. Je suis même tenté de dire que c’est une grâce divine. Fasse le ciel que cette baraka continue.
Malgré tout, nous devons être réalistes. Car, notre pays est encerclé par des voisins contaminés. Mieux, nous sommes une terre de départ et d’accueil. Donc, nous sommes vulnérables.

Alors, quels conseils donnez-vous aux Maliens ?

C’est ici et maintenant qu’il faut prendre toutes les mesures pour contrer le coronavirus. C’est ici et maintenant que nous devons faire appel à toutes les volontés, à toutes les énergies, à toutes les expertises et à toutes les complicités mobilisables.

Je ne comprends pas ce gros français là, que voulez-vous dire concrètement ?

Je veux juste dire que dans la lutte contre cette pandémie à coronavirus, chacun a un rôle à jouer, une responsabilité à assumer. Et tous, nous devons unir nos efforts, oublier nos différends, refuser la fatalité, afin de pouvoir vaincre, ensemble, la menace.

En parlant de « différends », vous voulez parler de l’opposition ?

Bien sûr ! Le pays a besoin de tous ses fils et de toutes ses filles pour faire face à cette pandémie.

Et en parlant de fatalité, de qui voulez-vous parler ? Certains leaders religieux, qui pensent que cette pandémie a été envoyée par Dieu pour punir les infidèles ?

Hey, Le Mollah, ne mange pas ton « frontobani » avec ma bouche.

Mr le président, le Mali est déjà sur un autre front, celui de la lutte contre le terrorisme…

C’est vrai, cela fait huit ans que nous sommes en guerre contre le terrorisme, que nos soldats se battent et ce jusque dans les contrées caniculaires le jour, et glaciales la nuit.
Nous sommes forcés de nous battre contre le terrorisme pendant que nous n’avons jamais négligé le front du développement pour plus d’écoles, plus de santé, plus d’eau potable, plus de vivres.
Tout cela a un coût pour un pays, dont les ressources ne sont pas illimitées. Mais aujourd’hui, à nos défis classiques, s’ajoute celui de réussir la guerre contre le coronavirus. Car, c’est de guerre qu’il s’agit.

Dans ce cas, Mr le président, que doit être le comportement de chaque Malien ?

Nous devons être, chacun, les soldats de cette guerre. Nous devons être, ensemble, cette armée qui ne saurait avoir d’autre objectif que de vaincre. Souvenons-nous de la belle victoire que nous avons remportée sur le virus Ebola, il y a tout juste quelques années. Souvenons-nous de la belle mobilisation et de la belle communication que nous avons, en ce temps-là, réussies ! Souvenons-nous donc que, comme sur le front du virus Ebola, la victoire sur le front du coronavirus est possible !

Pouvons-nous gagner cette guerre contre le coronavirus là où les pays dits développés ont échoué avec, à la clé, des dizaines de morts par jour ?

Nous pouvons gagner cette guerre contre le covid-19. Je n’ai aucun doute là-dessus. Car, chaque fois que les Maliens acceptent de se donner la main, ils gagnent toujours, quel que soit l’ennemi.

Quel est le rôle que doivent jouer les imams et des chefferies traditionnelles dans cette guerre contre le coronavirus ?

Chaque imam, chaque prêtre est une autorité morale, dont la parole est écoutée. Chaque chef de quartier, chaque maire, chaque conseiller municipal est un meneur d’hommes, dont l’ordre est attendu. Chaque père de famille, chaque mère de famille est un modèle respecté, dont l’attitude compte.
Nous pouvons vaincre le coronavirus et nous devons le vaincre, en suscitant et en maintenant les bons messages, en proposant les bons gestes, en restant en éveil, sans aucune panique, mais sans aucun écart.

Et la part de l’Etat et du gouvernement dans tout ça ?

L’Etat et le gouvernement s’attèleront à la lutte contre ce fléau. Je serai à leur tête. Nous ne faiblirons pas.
Que toutes les Maliennes, tous les Maliens, sans distinction de genre et d’âge, jouent, pleinement et entièrement, leur partition.
Ensemble avec le gouvernement, ensemble avec l’armée, ensemble avec les autorités morales et religieuses, ensemble avec les organisations citoyennes, nous gagnerons cette guerre contre le coronavirus.

Avons-nous les ressources pour gagner cette guerre ?

Nous avons les ressources pour cette victoire.
Et la première de ces ressources est notre capacité individuelle à suivre les messages et les conseils des structures indiquées. Et la deuxième, notre capacité à agir et à relever les défis. Impossible n’est pas malien !
Propos recueillis par Le Mollah Omar /
source Canarddechaine.com
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Source : aBamako

aBamako

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